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Yoga thérapeutique et fibromyalgie PDF Imprimer Envoyer

Réflexion sur le yoga thérapeutique et la fibromyalgie

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« On doit savoir que ce que l’on nomme yoga, c’est la désunion (viyoga) d’avec la  liaison (samyoga) à la souffrance (duhkha). »
FRANCOIS CHENG

Qui mieux que les patients souffrant de fibromyalgie peuvent parler de cette affection, qui laisse si souvent perplexes et désarmés les thérapeutes qui y sont confrontés !
Plutôt qu’une maladie, la fibromyalgie est un syndrome relevant d’un dysfonctionnement certainement complexe, qui s’exprime non seulement par des douleurs musculo-articulaires, mais aussi des symptômes satellites divers (céphalées, troubles du sommeil, côlon irritable….), et surtout une souffrance psychologique indissociable. Non visible malgré les techniques médicales les plus sophistiquées, elle génère fréquemment l’incompréhension de l’entourage, du corps médical, sans parler des systèmes assécurologiques.

altLa médecine allopathique propose des traitements physiques de soutien combinés à des médicaments pharmacologiques. Cependant, toutes les études cliniques révèlent un épuisement de l’efficacité relative de ces thérapies au-delà de 6 mois. Il est par contre incontestable que la poursuite d’une activité physique régulière permet d’éviter un déconditionnement généralisé, dont les conséquences sociales sont celles de toute invalidité, la personne se retrouvant enlisée dans un cercle vicieux difficile à rompre.

Les psychiatres/psychothérapeutes, dont l’approche biopsychosociale est plus large, obtiennent de meilleurs résultats, tout particulièrement avec les thérapies cognitivo-comportementales. Il n’est en fait pas surprenant que la prise en considération de tous les constituants de l’être humain aboutisse à une optimalisation des possibilités d’aide. De nombreuses médecines orientales considèrent le malade et la maladie de manière holistique. Pour la médecine ayurvédique, dont le yoga fait partie intégrante (yoga thérapeutique), l’homme est un microcosme dans l’univers (macrocosme).

En cela, le yoga trouve sans conteste sa place parmi les thérapies visant plus à une guérison-transe-formation qu’à une guérison-éradication. Il propose une exploration de l’être humain dans sa totalité, intégrant le corps, le mental, les émotions et l’esprit. Sa longévité de plusieurs millénaires et son expansion dans le monde entier atteste de sa véracité et de sa notoriété. La médecine contemporaine occidentale lui prête de plus en plus d’intérêt, et certaines institutions participent activement à des études rigoureuses, en collaboration étroite avec des centres universitaires d’Inde et d’ailleurs. On a pu démontrer que la pratique du yoga renforce les défenses immunitaires, et génère des effets antalgiques et antidépresseurs, d’où son application possible à tout syndrome douloureux comme la fibromyalgie.

Le HaTha Yoga est une des nombreuses facettes du yoga en tant que philosophie, et du yoga thérapeutique. Il enseigne des postures (asanas) ciblées et répétées, dans le respect du corps, avec une attitude d’écoute et de vigilence permettant de développer l’effort juste, la concentration dans l’instant et l’endurance, au-delà de l’effet purement physique. Intégrant la respiration consciente, cette pratique améliore la fonction pulmonaire et cardio-vasculaire, et par voie de conséquence celle de tout organe, y compris le système locomoteur. Son influence ré-équilibrante sur le système neuro-végétatif (sympathique/parasympathique) est aussi largement reconnue, et joue un rôle important dans les affections psychosomatiques.

Par sa pratique régulière, il peut modifier non seulement notre schéma corporel,  mais aussi la perception que nous avons de nous-mêmes en désamorçant des automatismes limitant et enfermant, au niveau physique, mental et énergétique. Véritable outil de connaissance de soi, il peut apporter, dans l’ouverture de l’observation non jugeante, des prises de conscience transformatrices sur le plan comportemental et existentiel.

En tant que thérapie, outre son potentiel curatif et préventif, le yoga agit par son pouvoir fondamentalement physiologique, sans effets secondaires. Loin des guide-lines de l’Evidence-Based-Medicine si prisée en occident, il convient de manière personnalisée à toute personne en quête de solutions que la rationalisation, la technologie et la pharmacologie ne procurent pas.  Le patient s’investit dans un apprentissage de mobilisation de ses propres ressources intérieures d’auto-guérison. Cette responsabilisation et autonomisation atténuent, au fil du temps, les sentiments d’impuissance et de manque de confiance, défavorables à toute guérison, mais que ressentent pour ainsi dire quasi tous les malades chroniques, dont l’étiquette diagnostique équivaut si souvent à une condamnation.

La voix du symptôme indique, par son écoute attentive et bienveillante, la voie d’un travail, certes long et patient, de transformation de soi. Telle est la force du yoga en thérapie.

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